Gérard Oury est un réalisateur et scénariste français, né le 29 avril 1919 à Paris, en France. Il est le réalisateur des plus grandes comédies françaises, comme 'Le Corniaud', ou 'La Grande Vadrouille'.
Le père de Gérard Oury est un musicien, d'origine russe. Sa mère est parisienne, journaliste à Paris-Soir. Gérard Oury est aussi le père de la réalisatrice Danièle Thompson. Après avoir fait son Lycée à Janson-de-Sailly, il entre au Conservatoire et suit le cours René Simon. Mais la deuxième guerre mondiale est inexorablement en marche, et ses origines juives de par son père, l'oblige par prudence à migrer dans des régions moins dangereuses, d'abord le Sud de la France, puis la Suisse.
Mais avant de devenir réalisateur et scénariste, Gérard Oury est comédien. Il débute grâce à Raimu, en 1942, dans 'Les Petits riens'.
Après la guerre, Gérard Oury revient à Paris, où il joue des seconds rôles au cinéma et au théâtre.
Il joue dans 'Le Passe-Muraille', 'La Nuit est mon royaume', en 1951, de Georges Lacombe, ainsi que dans 'La Fille du fleuve', en 1954, de Mario Soldati, ou encore 'La Meilleure part', réalisé par Yves Allégret en 1955.
C'est en 1960, que Gérard Oury vient pour la première fois à la réalisation. Il fait un premier film, 'La Main chaude', qui ne sera pas un grand succès, mais Oury sent en lui une envie créative débordante, qui ne le quittera plus. Son deuxième film est 'La Menace', en 1960, il fait jouer Robert Hossein et Marie-José Nat. Encore un film assez audacieux pour un nouveau réalisateur, qui n'amènera pas non plus un grand succès. Son premier vrai film remarquable, qui fait parler la foule, c'est sans doute 'Le crime ne paie pas', avec Michèle Morgan et Louis de Funès. Sous la forme de quatre sketches. C'est pendant ce film, que Gérard Oury développe une relation amicale avec Louis de Funès, les deux hommes s'apprécient, et cela va déboucher sur un immense succès de la comédie française, 'Le Corniaud', en 1964, avec de Funès bien sûr, et l'incomparable Bourvil. Gérard Oury s'occupe aussi d'écrire le scénario du film, en collaboration avec André et Georges Tabet. Il s'agit de faire cohabiter dans un scénario deux esprits totalement opposés, ce qui donne tout naturellement des situations cocasses à n'en plus finir. Le principe pour le réalisateur et de prendre deux acteurs très différents, ce qui accentue encore plus dans l'esprit du spectateur, le fossé béant qui sépare les deux individus. Si l'histoire de base pourrait être un film policier tout à fait banal, l'enveloppe du film, sera un véritable chef-d'oeuvre. A commencer par l'idée de l'accident entre les deux personnages, qui donne un souffle comique au film dont le spectateur ne démord plus jusqu'à la fin. A sa sortie, il sera tout simplement, le plus gros succès du box-office, avec 12 millions d'entrées.
Après ce succès phénoménal, en 1966, l'année d'après, il est inconcevable de ne pas réitérer l'expérience. Il se lance dans un nouveau projet, 'La Grande Vadrouille'. Gérard Oury écrit à nouveau le scénario avec André et Georges Tabet, mais aussi avec sa fille, Danièle Thompson. Sa fille coécrira d'ailleurs la majeure partie de ses œuvres depuis ce moment. Le tandem tant apprécié du public français, Louis de Funès et Bourvil, est à nouveau réuni, mais cette fois le scénario et beaucoup plus travaillé, on passe d'une aventure comique, au stade d'une véritable œuvre créative, l'histoire est à la fois belle, sentimentale, comique et pleine de rebondissement. Incroyable, c'est encore beaucoup plus fort que pour le dernier film, Gérard Oury parvient à dépasser les 17 millions d'entrées, record absolu du box-office, qui ne sera jamais égalé pour un film français, avant 2008. Les deux acteurs comiques révèlent tout leur talent, pour un véritable caviar du cinéma comique français.
En 1969, Gérard Oury se lance dans un nouveau duo, Belmondo et Bourvil, pour le film 'Le Cerveau'. Un nouveau défi, dans une nouvelle époque. L'histoire, fortement inspirée du braquage du train Glasgow-London, nous emmène sur un grand coup, organisé conjointement par de petits malfrats à la recherche d'une meilleure vie, et d'un génie, criminel en col blanc, 'Le Cerveau', impeccablement interprété par David Niven. Le mafieux associé joué par Eli Wallach, est aussi excellent. Le film possède un budget faramineux pour l'époque, éléments pyrotechniques, une fausse statue de la liberté, un mini-film d'animation, des cascades à n'en plus finir. Par souci de rentabilité, le film sera tourné directement dans les deux langues, français et anglais. Le succès en France est énorme, mais très mitigé aux Etats-Unis.
En 1971, c'est à nouveau une grande comédie qui va voir le jour, 'La Folie des grandeurs', avec Louis de Funès et Bourvil, le tandem à succès de deux de ses films précédents. Mais Bourvil gravement malade, décède peut avant le début du tournage. Il est alors remplacé par Yves Montand, et le scénario remanié.
Le film sera un succès, mais on ne s'empêchera jamais de se demander ce que le film aurait été, si Bourvil y avait joué. En 1973, Gérard Oury prend en charge la réalisation d'un film qui sera un succès gigantesque pour Louis de Funès, 'Les Aventures de Rabbi Jacob', qui sera aussi leur dernier film commun.
En 1978, Gérard Oury fait 'La Carapate', avec Pierre Richard et Victor Lanoux. Un film qui sur fond de révolte de mai 1968, raconte l'histoire d'un avocat gauchiste et d'un condamné qui parvient à prendre la fuite entraînant derrière lui l'avocat dans une fuite aussi amusante qu'insolite. Le duo entre les deux acteurs était risqué, mais a très bien fonctionné. Deuxième film avec Pierre Richard, 'Le Coup du parapluie', en 1980, moins connu, mais qui a tout de même très bien marché, un film comique sur fond d'espionnage et de quiproquo, comme Pierre Richard en raffole. En 1982, Gérard Oury se lance dans un film d'aventure, 'L'As des As', avec Jean-Paul Belmondo et Marie-France Pisier. Ce film raconte l'histoire de Jo Cavalier, ancien aviateur et héros de la première guerre, devenu entraîneur de l'équipe Française de boxe. Il arrive aux jeux de Berlin, en 1936, alors que le nazisme monte en force. Il fait la rencontre du petit Simon, un enfant juif, dont la famille a du fuir. Le film est un véritable carton au box-office, l'histoire plait, le scénario est écrit par Danièle Thomson, la fille de Gérard Oury. Son film suivant est 'La Vengeance du serpent à plumes', en 1984, où il fait tourner le comique adoré des français à l'époque, Coluche. En 1987, il tourne 'Lévy et Goliath', avec Richard Anconina et Michel Boujenah. Le film n'aura pas le succès escompté, malgré un casting en or pour l'époque, et un scénario pourtant bien monté. En 1989, il fait 'Vanille fraise', une comédie avec Pierre Arditi et Sabine Azéma, puis 'La Soif de l'or', avec Christian Clavier. En 1993, Gérard Oury reçoit un César d'honneur, pour l'ensemble de sa carrière. La même année, il tourne 'Fantôme avec chauffeur', où il fait jouer Gérard Jugnot et Philippe Noiret. En 1999, Oury tourne son dernier film, 'Le Schpountz', 60 ans après la version de Marcel Pagnol. Il fait jouer 'Smaïn'. Génie de la comédie cinématographique, certaines de ses œuvres restent des succès permanents, et indémodables.
Le 14 mai 2001, le Festival de Cannes rend hommage au réalisateur. Gérard Oury meurt le 20 juillet 2006, dans sa maison de Saint-Tropez, à l'âge de 87 ans.