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| Titre: La mort aux trousses (1959) | ||
| Sortie en France: 10-1959 Sortie aux USA: 07-1959 |
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| Titre original: North by Northwest | ||
| Genre: Thriller | Durée : 2h15 | Pays : Etats-Unis | ||
| Réalisé par: Alfred Hitchcock | ||
| Scénario par: Ernest Lehman | ||
| Musique : Bernard Herrmann, Jimmy McHugh, Harold Adamson | ||
| Distribution : MGM |



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Le tournage du film a suivi les destinations du héros, d'abord New York, puis Chicago et Rapid City dans le Dakota du Sud. Le premier lieu de tournage est la maison de Lester Townsend, puis vient ensuite le building des Nations Unies, à New York. Des prises de vues fantastiques depuis l'extérieur, plongeantes et inoubliables. Pour l'intérieur, cela n'a pas été possible, Alfred Hitchcock n'a jamais obtenu les autorisations, malgré d'incessantes demandes. Il a décidé finalement de filmer l'intérieur du bâtiment avec une caméra cachée, et de reconstituer l'intérieur en studio. Même problème pour le Mont Rushmore, hautement symbolique pour les américains, les médias se sont emparés de l'affaire, ne voulant pas voir des individus crapahuter sur le nez de Lincoln, on a prié M. Hitchcock d'en faire de même avec la Reine d'Angleterre. Il a donc dû refaire le monument en studio. Les scènes tournées en gare, ont bien été tournées à la gare New York, Grand Central Terminal. La scène de l'enlèvement de Roger Tornhill a été tournée dans un hôtel de New York, celui où Cary Grant était descendu lors de la réalisation du film. C'était le New York's Plaza Hotel, dans l'Oak Room.
ajouté par Cinescop, le 2011-07-23, modifié la dernière fois le 2011-07-23Certaines personnes recherchent activement les anachronismes et les détails incohérents dans les images de films. Longtemps, on a dit que la scène dans le restaurant où un coup de feu est tiré, possédait une grosse bourde, juste avant que le coup de feu parte, on peut voir un petit enfant se boucher les oreilles.

Jamais Alfred Hitchcock n'aurait laissé passer ça, lui qui venait du monde de la publicité, ancien responsable de la photographie, obsédé par la qualité des images... On a ensuite prétendu que cela était volontaire de la part du réalisateur, car cela impliquait une réalité de ce coup de feu, c'est qu'il était faux dans l'histoire. Mais non, ce geste était un réflexe du gamin, qui voyait la scène se reproduire pour la xième fois. Hitchcock l'a vu, et a trouvé ça tellement drôle qu'il a décidé de le laisser. On ne le voit jamais lorsqu'on regarde le film pour la première fois, car le petit enfant fait partie des figurants. C’est tout à fait l'humour d'Hitchcock, tout en subtilité. Insérer un élément totalement décalé dans une scène dramatique.
Longtemps, la rumeur a couru, sur la maison que l'on voit à la fin du film, près du Mont Rushmore, qui est sensée être la maison du personnage de Vandamm. La rumeur disait qu'il s'agissait d'une demeure construite par l'architecte Frank Lloyd Wright, mais ce n'est pas vrai, c'est un décor de cinéma, toutefois, son aspect et son design sont directement inspirés de "La maison de la cascade", une maison construite par Frank Lloyd Wright. Cette maison est considérée comme un monument de l'architecture moderne de l'époque du modernisme des années 1930. De nos jours, elle est toujours considérée comme un des joyaux de l'architecture de tous les temps. Elle est justement intégrée dans un espace naturel, et ressemble beaucoup à celle imaginée par les décorateurs du film qui s'en sont fortement inspiré. Les génies se rencontrent, s'inspirent mutuellement, l'époque de la création du film est tout à fait exceptionnelle pour les esprits créatifs.
Le scénario écrit par Alfred Hitchcock et Ernest Lehman est tiré d'une histoire vraie. On appelait cette histoire "L'affaire Galindez", où un professeur a été enlevé en plein New York, dans des circonstances semblables.
En ce qui concerne l'histoire d'espions qui n'existe pas réellement, Alfred Hitchcock s'est fait glisser l'idée par un journaliste, Otis L. Guernsey Jr., qui lui a rapporté un cas réel, qui datait de la seconde guerre mondiale, l'Opération Mincemeat, organisée par les anglais. Cette histoire est celle d’un homme qui n’a jamais existé réellement, mais qui est construit pas l’espionnage pour balader l’ennemi.
Ernest Lehman a été mis en contact avec Alfred Hitchcock par l'entremise d'un ami commun, le compositeur des musiques de film d'Hitchcock, Bernard Herrmann. Après en avoir discuté ensemble, ils avaient comme début de leur histoire, le building des Nations Unies, le Mont Rushmore, une histoire d'espions et une méprise sur l'identité du personnage principal comme départ.
ajouté par cineculte, le 2011-07-21, modifié la dernière fois le 2011-07-21Les studios de la MGM voulaient pour tenir les rôles principaux, Gregory Peck et Cyd Charisse, voire Sophia Loren. Mais Alfred Hitchcock, voulait absolument Eva Marie Saint, et pour le choix de l'acteur, même si initialement il voulait James Stewart, le côté immature et égoïste du personnage principal ne collait pas vraiment avec lui, c'est pourquoi il s'est tourné vers Cary Grant. Jessie Royce Landis, qui joue le rôle de la mère du personnage interprété par Cary Grant, n'avait que sept ans de plus que lui. Pour le rôle de Phillip Vandamm, la première considération d'Alfred Hitchcock était Yul Brinner. Les acteurs de l'époque étaient payés de manière très correcte, mais cela n'avait rien à voir avec les cachets de maintenant. Séquence amusante, Eva Marie Saint a eu la surprise de voir le grand Cary Grant demander 15 cents contre un autographe, lorsqu'il se trouvait sur le site très touristique du Mont Rushmore.
ajouté par cineculte, le 2011-07-21, modifié la dernière fois le 2011-07-21
Tout d'abord, Roger Thornhill, le Mad Men, le publicitaire de Madison Avenue, qui vit dans son monde d'apparences et d'abondance, qui une fois jeté dans la fosse aux lions, va faire le dur apprentissage de l'envers du décor, et des vices de cette société où on est celui que le système nous dit d'être. La propre personnalité ne vaut plus rien, son personnage souvent montré très petit, dans des décors immenses, les Nations Unies, le Mont Rushmore, la gare de New York, les grands espaces américains.
Eva Kendall, la belle blonde Hitchcockienne a aussi bien des aspects cachés, mais elle est avant tout Eve comme son prénom l'indique, la femme, pour tous les hommes importants de cette histoire. Elle est l'espionne parfaite pour le gouvernement, l'objet et la propriété somptueuse de l'homme riche qui a le pouvoir, et aussi la femme à épouser pour Thornhill, qui voit en elle la sincérité, le mystère et l'intelligence. On pourrait penser qu'elle n'est qu'une jolie blonde susceptible de pimenter un peu l'histoire, mais elle est en fait le personnage le plus complexe du scénario, le personnage qui montre que les sentiments et les gens ne sont jamais simples, surtout les sentiments des femmes.
A savoir, le titre du film La mort aux trousses en anglais est North by northwest, qui est une référence à Hamlet. “I am but mad north-north-west; when the wind is southerly, I know a hawk from a handsaw.” Hamlet dit qu'il n'est pas fou, mais qu'il peut le devenir, lorsque le vent souffle nord-nord-ouest. On parle ainsi de cette course effrénée, mais aussi d'une belle histoire de fou.
ajouté par SébastienG, le 2011-07-21, modifié la dernière fois le 2011-07-21
On est en présence de l'un des plus grands chef-d'œuvres des années 1950, La Mort aux trousses d'Alfred Hitchcock. Pour l'époque, la qualité de l'image, est incroyable, l'intégration de la musique dans les scènes clés du film est à montrer dans les écoles de cinéma, tant elle a influencé le cinéma tout entier. Rarement un réalisateur a réussi pareil mélange, thriller, humour, amour, intrigue d'espionnage le tout soumis à un rythme soutenu, celui de la cavale infernale d'un homme traqué. Le réalisateur nous met tout de suite dans le ton, dès les premières minutes du film. Le générique commence par l'apparition du thème musical de Bernard Herrmann, stressant, avec les images d'une foule pressée et occupée, qui laisse filtrer déjà l'ambiance du film, c'est la cavale incessante et l'indifférence totale du sort de notre pauvre héros.
Le caméo traditionnel du réalisateur qui arrive en début de film normalement, est aussi dans cette optique, Alfred Hitchcock court et rate son bus de justesse, là aussi on perçoit l'empressement, la course et l'indifférence face au sort d'une personne sans importance.
Ce film, c'est la quintessence de l'art d'Hitchcock, pendant le tournage, il était tellement dans son monde, que les techniciens et les acteurs principaux finissaient par se demander si cette œuvre aura un sens. Les grands génies sont souvent incompris. Cary Grant qui était pourtant un acteur expérimenté, était soucieux du résultat final, tant ce qu'il voyait sur les plateaux de tournage lui semblait sans fondement et déconnecté du bon sens. C'est dire si la manière de travailler du réalisateur Hitchcock était particulière. Aussi les acteurs étaient souvent perturbés, par le fait qu'Hitchcock ne disait rien à la fin d'une scène, en effet, bizarre, mais avec lui, le silence est signe de contentement, lorsqu’il se mettait à parler, cela était signe que quelque chose ne lui plaisait pas dans la scène. Le résultat final est somptueux, un plaisir qui ne faiblit jamais, même après l'avoir vu un grand nombre de fois, on reste happé par ces scènes si parfaites. Mais Alfred Hitchcock n'est pas seulement le réalisateur, mais le directeur artistique du film, il ne laisse rien au hasard, et n'accepte jamais la moindre défaillance ou imperfection. Par exemple, non content des vêtements dessinés pour l'actrice Eva Marie Saint, lui qui savait si bien mettre les belles femmes en valeur, il est allé personnellement choisir les vêtements pour certaines scènes. Il scrute chaque centimètre de pellicule pour y détecter ce qui ne va pas, mais surtout, il créé un monde esthétique et géométrique absolument stupéfiant, qui plonge le spectateur dans une sorte de rêve, les idées ne sont pas claires, l'esprit est brouillé, les gens vous persécutent ou alors vous ignorent. Ce sont les angoisses d'un véritable cauchemar, mais emballé dans une suite de plans d'un esthétisme géométrique magnifique. Que ce soit les constructions, les buildings, les maisons, les paysages, tout nous montre à quel point le personnage principal est petit, ce qui renforce encore le sentiment d'ignorance face à ses problèmes. Véritable hymne à l'architecture contemporaine de l'époque et au modernisme des années précédentes, la géométrie et la distribution des espaces dans le champ de la caméra est un véritable plaisir pour les yeux.
Dès le générique du début, le fond vert et les lignes noires deviennent rapidement une de ces tours de verre, mais on plonge vite dans l'univers bien réel de Roger Thornhill, un publicitaire stressé, habitué a une vie dont il maîtrise tous les aspects, un peu cynique, il sait parfaitement utiliser les gens et s'en servir, il est un véritable Mad Men, à cette époque les agences de publicité se trouvaient toutes sur Madison Avenue, c'est ce qui leur a donné ce surnom de MADison MEN...
Son monde est fait de courbes, celles des voitures dans lesquelles il monte, l'univers calfeutré du Plaza Hôtel, dont l'architecture est ancienne et n'a rien à voir avec la suite du film. Dès le malentendu survenu, c’est le cauchemar qui commence pour le personnage principal, on entre progressivement dans ce rêve d'architecture et d'esthétisme.
Passé le mauvais moment du kidnapping, dans la maison de Lester Townsend, puis de la tentative d'assassinat, cette demeure est encore de style ancien. Il est enivré de force et part dans une sorte de cauchemar confus et diffus, il a juste assez de conscience pour échapper à sa propre mort. Il est ralenti par l'effet de l'alcool, et peine à se diriger et à fuir, comme dans un cauchemar. Dès le moment où le personnage revient dans cette maison et ne retrouve pas ce qu'il y a laissé, il bascule dans le rêve, l'irréel, et bientôt seul la fuite ou l'affrontement pourra le réveiller. Attention, le personnage ne rêve pas, il vit bien tout ce qui se passe, mais le réalisateur Alfred Hitchcock nous montre les péripéties de son personnage principal avec les aspects que l'on retrouve facilement dans un rêve, surface géométriques parfaites, scènes dénuées de tout ce qui n'a pas d'intérêt pour le personnage, fuite, persécution, incompréhensions...
La première architecture intéressante est celle du building des Nations Unies, dont l'aspect et les formes géométriques contemporaines donnent, vus par la caméra d'Hitchcock un environnement commun au rêve ou à l'imaginaire.
La solitude, face à son entourage, les expressions des visages sont exacerbées, figées, exagérées, l'environnement architectural est immense.
Notons la vue plongeante lorsque Roger Thornhill court en sortant du bâtiment, vaste plan qui reproduit tous les aspects précédemment cités.
La gare de New York est aussi dans le même genre de construction, les lignes sont de parfaites formes géométriques, et les surfaces lisses et sans aucune réelles structures.
Et tant que le personnage reste dans sa quête et sa course effrénée, toutes les constructions suivent cette logique architecturale, le restaurant au Mont Rushmore, avec ses grandes baies vitrées, la maison de Vandamm, qui est une inspiration d'une construction du grand architecte américain Frank Lloyd Wright, "La maison de la cascade", qui est une intégration de formes géométriques et de lignes modernes en pleine nature.

Justement, la nature aussi obéit à cette logique, lors de la fameuse scène de l'avion, les champs et les routes sont aussi des formes géométriques que l'on peut assimiler dans la même orientation, tout comme le train utilisé pour le trajet, d'une conception moderne et aux surfaces lisses sans texture. L'autre grand constat est la transparence, facilement visible dans les tours de verre, mais aussi dans une continuelle opposition, par rapport à l'obscurité totale qui règne sur les raisons et le pourquoi du sort du personnage principal. Les vitres géantes du bâtiment des Nations Unies, face au mystère opaque de la personne qu'il va rencontrer.
Mais encore les vitres parfaitement claires et propres des cabines téléphoniques de la gare de New York, en opposition des discussions mystérieuses qui s'y passent, les grandes baies vitrées de la maison de Vandamm, qui permettent de tout voir, en opposition de l'intrigue des personnages qui s'y trouvent, ou encore les grandes vitres claires du restaurant face aux événements encore plus sombres et obscures qui s'y produisent.

D'autres plans sont très importants dans cette œuvre d'Alfred Hitchcock, comme les fondus-enchainés, l'image où l'on voit le doux visage d'Eve Kendall, se fondre dans le paysage du traquenard qui est posé sur cette route au milieu de nulle part dans le désert. Une même transition a lieu plus tard, lorsque Roger Thornhill a pris conscience des vrais enjeux de l'histoire, où son visage se fond dans les rochers du Mont Rushmore.
Ces deux transitions sont une représentation de l'amour, d'abord il n'y en a pas, c'est le désert, la trahison, puis après c'est le héros fort des valeurs américaines et de l'amour qu'on a pour lui, qui s'apprête à affronter son pire ennemi pour sauver celle qu’il aime.
En ce qui concerne la scène la plus célèbre du film, et l'une des plus connues du cinéma, celle de l'avion, nous nous porteront sur une analyse légère, qui concerne surtout son commencement et son introduction. La scène est un contre-courant du film noir typique. Une voiture apparait à l'horizon, s'approche puis ralentit, on pourrait s'attendre à une rafale de mitraillette, mais rien ne se passe.
Après c'est un paysan qui apparait de l'autre côté de la route, et la scène fait penser à un duel de western, mais là aussi, c'est juste un clin d'oeil à un genre. Et la menace finalement provient du paysan qui sulfate ses champs. C’est complètement génial, c’est un scénario qui ferait partir en courant n’importe quel producteur de grands films, mais Alfred Hitchcock savait faire ce genre de scènes, complètement décalées, mais le spectateur y est attiré comme hypnotisé par la suite des événements, il subit les images et se laisse entraîner dans cet univers entre le rêve et la réalité, il finit par ingurgiter exactement ce que le réalisateur de génie a voulu y faire entrer.





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